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Le Marketing Théo-politique à la Mecque

Imposer un cosmosens du sacrifice ?

Par Ouria Shéhérazade Kahil
mardi 5 décembre 2006




Au cours de l’année 2005-2006, 25 000 pèlerins musulmans résidant en France sont allés en Arabie Saoudite pour accomplir le pèlerinage faisant partie des rites musulmans et des 5 piliers de l’islam. Sur place, d‘autres pèlerins de plus de 100 nationalités diverses cohabitent et coexistent avec les pèlerins français sur un Territoire géographiquement limité et une période allant de 3 à 40 jours.

La particularité du pèlerinage réside dans le fait qu’ un groupe allant de 2 à 200 personnes soit géré par un seul guide affilié à une agence de voyage, ce qui complexifie le rapport entre les échelons décisionnels et les principaux émetteurs des représentations du groupe face aux valeurs du sacrifice.

Chaque année, des incidents ont lieu, la mort en rituel dans la foule écrasante, la mort du fait de l’irrespect des normes de sécurité et d’urbanisme concernant le logement, les hospitalisations répétitives du fait de la chaleur et de l’excès physique, la contestation des pèlerins dont les inaptitudes éventuelles concernant le droit français et l’analphabétisme ont été abusées.

La mort devient idéologiquement banalisée, en raison de la représentation idéale du martyr de Dieu, chez les pèlerins les plus âgés et généralement ceux mariés ou veufs. Parfois, les circonstances de la mort sont provoquées par les pèlerins recherchant la Mort « en Terre Sacrée ». C’est ce qui parait intéressant d’approfondir.

Le sacrifice devait initialement se faire pour Dieu, dans les représentations des pèlerins. Mais les Guides vont intervenir comme intermédiaires et comme étant des intercesseurs contribuant arbitrairement au Salut de chacun, et ce au détriment de la liberté de conscience des pèlerins, de leur dignité et même de leur sécurité.

Il semble pertinent d’étudier le pèlerinage sous l’angle de la relations entre les centres de pouvoir et les sources de normes dans le cadre du sacrifice.

Comment s’effectuent les interactions religieuses, ethniques, générationnelles, sexuelles contribuant à la reconstruction ou à la créativité d’une identité musulmane française d’immigration en pérégrination ? C’est ce qui semble pertinent d’étudier en détail.

Les valeurs [1] des pèlerins sont pluridimensionnelles, celles liées au sacrifice s’entrecroisent afin de se concurrencer, il s’agit de normes théologiques, juridiques, sociales, et culturelles.

Cependant, nous verrons que le sacrifice n’est pas toujours effectué librement, il n’est pas toujours éclairé et consenti en raison de la confusion des modalités d’y parvenir instaurées par le Guide.

La vie pèse aussi sur le quotidien du pèlerinage, avec des mariages, des naissances, la célébration de guérison des pèlerins, la présence de nourrissons et d’enfants.

La focal sera alors, durant l’étude, placée sur le lien entre 3 objets ; croyances, normes et pratiques, puis entre deux acteurs ; pèlerins et guides, contribuant à la créativité renouvelée d’un référentiel commun ou communautaire pour une grille de lecture du thème du sacrifice.

Comment interagissent les entrepreneurs de normes liées au sacrifice et les croyances des pèlerins pendant le pèlerinage ?

Eléments de Présentation du Pèlerinage en général :

Le pèlerinage est intériorisé par ses acteurs comme une relation interne ou collective au divin , fondée sur le sacrifice de Soi dans un objectif de pardon et une finalité de proximité divine, selon Joseph de Maistre « il se sent sous la main d’une Puissance irritée contre lui, d’abord mais qui va l’apaiser ensuite ».

Inversement aux trois religions monothéistes, le sacrifice originel tendait à tuer symboliquement la divinité pour pouvoir lui dérober sa puissance et la détourner au profit des hommes.

Dans le judaïsme, il s’agit du sacrifice du retour à Yahvé par une offrande d’oiseaux au temps de Jésus avec un jêune deux fois par semaine et la pratique de l’abstinence des interdictions pour obtenir le Pardon, le sujet effectue une reconnaissance de sa culpabilité.

Concernant le Christianisme, Jésus, prophète Galiléen est une Victime innocente qui doit racheter les fautes de l’Humanité, c’est le serviteur volontairement souffrant de Dieu, il se choisit lui même comme victime, et réclame son imputabilité, alors qu’il n’est pas coupable.

En Islam, ce qui compte c’est davantage la servitude à Dieu que la rémission des péchés. La fête du sacrifice du mouton de l’Aïd el Kébir pendant le pèlerinage est la simple commémoration du sacrifice de substitution offerte par Abraham à la place de son fils Ismaël, c’est un acte de reconnaissance de l’unicité divine. L’engagement est pris pour Dieu , mais aussi pour le fils car l’enfant serait placé entre les mains de Dieu.

Le sacrifice musulman et le sacrifice islamique :

Au sujet du sacrifice musulman, nous constatons dans les représentations la confusion entre la volonté de rémission des péchés d’un coté, et la recherche de la proximité divine de l’autre. Le sens du pèlerinage musulman est dénaturé par la perte de sa spécificité, comme si les musulmans avaient hérité, historiquement, d’un « Message » puisé dans la sommation de la représentation des 3 religions monothéistes dans une totale confusion du sens attribué au pèlerinage spécifiquement musulman. Il faut alors distinguer le sacrifice musulman hérité des traditions religieuses monothéistes et des traditions sociales d’un coté, et le sacrifice en Islam qui est le résultat de la doctrine liée au dogme islamique de l’autre coté.

Concernant le sacrifice islamique, le sens du pèlerinage véhiculé par l’islam est celui d’un « effort de paix sur le chemin de Dieu ».C’est en cela qu’il est appelé effort sur soi, « djihad el Nafss », combattre ses défauts empêchant l’Homme d’être en paix. Le djihad el Nafss est le grand Djihad qui se distingue du petit, de nature militaire, appelant uniquement à une légitime défense, nécessairement armée sous conditions normatives de proportionnalité et d’ immédiateté de l’attaque subie par rapport aux moyens de défense employés.

Chaque fidèle vient offrir ses peines « c’est un léger souffle de vent sur une mer agitée » selon le philosophe et Imam Ghazali. Il offre sa fatigue, son argent, son être même au sacrifice.

Le pèlerinage est un rite d’origine préislamique dont la valeur s ‘émancipe jusqu’à attester la volonté de renoncer à « soi-même ». Mais ce renoncement ne se fait pas en faveur de l’humanité dans l’imputabilité d’une peine individuelle dont les sujets auraient du être les hommes pêcheurs. Ici, il ne compense pas la souffrance par le pardon dans une culpabilité volontairement recherché.Mais c’est une responsabilité dans un engagement par recherche de la récompense personnelle.

Par ailleurs, les signes de pérégrination sont visibles, oraux et gestuels. L’esthétique des pèlerins témoigne d’une volonté de se conformer aux recommandations de la tradition prophétique.

Le pèlerin appelé Hadji , la pèlerine appelée Hadja, et le pèlerin en général ,appelé Hadj, sont vêtus conformément à « El ihram » .C’est le fait de porter un vêtement blanc sans couture pour l’homme, image de Adam lors de sa conception, image de renaissance, mais aussi d’innocence et de purification.

La femme porte les vêtements qu’elle désire, la seule condition étant « la décence », une notion sujette à diverses interprétations, selon la source de la norme et la culture nationale d’origine du pèlerin.La déclaration verbale, el Talbiya « je me rends à toi mon Dieu » preuve de l’entière soumission à Dieu, sans conditions, marque le commencement du pèlerinage dans son aspect rituel. Le sacrifice du Mouton marque le pèlerinage à Arafa, qui rappelle le geste d’Abraham.

Mais dans le langage quotidien des confessions monothéistes, le sacrifice a un aspect plus moral que le rituel, et plus symbolique, car il implique une privation volontaire et une activité de compensation. C’est un contrat que nous pourrions qualifier comme inégal, car il subsiste toujours un sacrifice sans retour qui varie selon la religion.

Concernant le pèlerinage en Islam, nous pourrions affirmer que l’inégalité est discutable.En effet, il y aurait inégalité au niveau de la force décisionnelle de chaque partie au contrat, Dieu et le pèlerin, en particulier le pouvoir de décision divin serait incomparablement supérieur au pouvoir de décision humain. Pourtant, il semblerait pertinent d’évaluer la proportionnalité et l’équilibre entre la somme des privations terrestres pour un pèlerin et l’infinité des bienfaits dont l’amour divin qui lui seraient promis en échanges par Dieu au Paradis en cas de bonne conduite

Il s’agirait alors de sacrifier la manifestation de toutes ses mauvaises intentions , mais aussi d’agir positivement par les actes d’adorations, ainsi le sacrifice regrouperait des actions par omission(ostentation, associationnisme) et des actions positives(la purification des intentions).

Nous pourrions donc avancer l’idée que les représentations des pèlerins, partie au contrat « sacrifice contre paradis », ne seraient pas forcément lésés et que le contrat ne seraient pas absolument inégale dans la valeur des éléments sacrifiés par rapport à ce qui est compensé ou récompensé. Au contraire, il y aurait disproportion entre ce qui est éphémère et sacrifié dans la vie terrestre et l’éternité des récompenses infinies promis au paradis.

En outre, le contrat du sacrifice contre paradis contiendrait des clauses de risques, aucun pèlerin n’a la certitude de gagner le paradis , il remettrait ainsi sa confiance en Dieu, et c’est en patientant activement qu’il réalisera que l’amour de Dieu serait la récompense ultime et qu’il existerait déjà dans la vie terrestre comme commencement de preuve de sa récompense.

Le rôle du guide, établir la confusion entre le sacrifice en Islam et le sacrifice musulman :

Cependant, tous les pèlerins ne sont pas toujours instruits par le dogme religieux, en raison de l’inaccessibilité à la langue arabe littérale. Ainsi, les guides du pèlerinage vont avancer des us et coutumes de la traditions arabes maghrébines afin de les promulguer collectivement comme étant des règles de Droit issues de la volonté de Dieu ou du Prophète. Les pèlerins en viennent alors à sacrifier leur dignité et leur liberté alors que le sacrifice était initialement adressé à Dieu. Cette personnification humaine du sacrifice serait un associationnisme passif inconscient qui dénaturerait le sacrifice d’unicité envers Dieu.

La fonction du guide sera alors la distribution dans la monopolisation des biens de Salut. L’ensemble des épreuves du corps et de l’esprit seront traduites comme Bienfaitrices par les Tawaf, pourtant les Pèlerins tarderont à les percevoir comme étant un travail de trahison du Tawaf et non un effort de traduction.

Comment le guide présente –il la souffrance comme bienfaitrice ?

Au cours du Pèlerinage la souffrance globale réside dans la douleur du corps épuisé mais également l’exaspération de la foule, de la chaleur, de l’activité physique intense et des exigences spirituelles. En fait , ce qui est gênant pour le Pèlerin c’est particulièrement cette lutte acharnée entre l’effort physique et la rigueur spirituelle. Comment donner une dimension spirituelle au rite alors que le corps est épuisé et l’esprit préoccupé ?

Les Tawaf se chargent de normaliser cette souffrance en rendant sa gravité proportionnelle à la satisfaction divine. Pour lui, la règle est simple. « Plus vous avez d’épreuves, plus vous gagnez des Hassanates (capital et épargne de points spirituels) ».

Souffrir pour devenir un être spirituelle devient la norme . Cette offre mystifiée par les Tawaf répond alors à une demande des Pèlerins. Warda explique ; " J’ai commis beaucoup de pêchés et je dois aussi faire pardonner les pêchés de ma descendance. D’abord je n’ai pas reconnu le mariage de ma grande fille car elle avait choisi de se marier avec un musulman européen converti à l’islam, je voulais qu’elle prenne un époux arabe ou un berbère. Ensuite mon grand fils est décédé, il y a 5 ans, sans avoir la possibilité de faire le pèlerinage, c’est à moi de faire le pèlerinage pour lui qui est décédé".

Rania complète " Oui, nos deux fils âgés respectivement de 27 et 29 ans se sont suicidés depuis maintenant 4 ans, laissant leur famille, femme et enfants en bas âge. Ils se droguaient et se sont suicidés par intraveineuse, une overdose. Le suicide étant interdit en Islam, il nous appartient de demander le Salut pour eux et la guidance pour leurs enfants ".

Les Pèlerins effectuent aussi le Pèlerinage non seulement pour se rapprocher de Dieu à travers un amour spirituel divin, mais en plus ils sont là pour son Pardon.

Rania ajoute pour finir : " Il y a 5 ans, j’étais allée en Algérie, du jour au lendemain j’ai perdu mes capacités de mobilité en demeurant 2 ans sur un fauteuil pour handicapé. Je décidais alors de voir un guérisseur expert dans la mystique. Il m’a fait une Roquiya ( désenvoûtement). C’est à ce moment là que je comprenais que j’étais victime de sorcellerie, que Dieu m’avait guérie en retrouvant la marche ".

Les Pèlerins effectuent le Pèlerinage par adoration divine, besoin de pardon et aussi de gratitude envers Dieu. Ce sont particulièrement cette souffrance et l’attente de la guérison, ou à défaut, l’attente de la satisfaction divine qui seront instrumentalisées par les Tawaf, car les Tawaf s’imposent comme les intermédiaires, délégués de Dieu dans la distribution des biens de Salut.

-Extrait du journal : " Dans l’enceinte de la Kaaba, c’est à dire du lieu sacré du Pèlerinage dans la Grande Mosquée autour de la Kaaba, le Haram, nous effectuons notre circumambulation pour ensuite se désaltérer avec l’eau de Zam Zam. Aucune femme n’approche les sources d’eau, pourtant directement accessibles. Les Tawaf s’occupent alors personnellement de remplir les gobelets pour ainsi en faire la distribution et rappeler les formules invocatrices avant de l’absorber ".

J’ajouterais que cette fonction est aussi monopolisée.

En effet Warda, une Pèlerine veuve aux jambes atteintes de varices réclame ma présence afin de l’amener à la Kaaba pour déverser du Zam Zam sur les jambes lourdes car elle croit aux propriétés thérapeutiques de la source héritée des récits des Prophètes de l’Islam. Rapidement le Tawaf opposé à cette initiative, prétexte que c’est une forme d’irrespect que d’asperger avec le Zam Zam ses jambes et pieds. Par ailleurs je lui rappelle une pratique du Prophète pratiquant les ablutions petites et grandes avec le Zam Zam, recommandée après aux croyants, ce qui impliquait le lavage des jambes aussi. Il finit par me dire, « je préfère m’en occuper moi-même pour Warda. »

Le Tawaf est distributeur de biens de Salut, mais aussi un thaumaturge. Pour lui, sa fonction est personnalisée et personnifiée .Il met en scène des qualités d’ascèse en considérant sa fonction, comme mission divine issue du don de Dieu.

Mais croit-il, lui –même, en sa fonction divine ?

Le récit des bagages permet de donner une réponse. Lors de la réception de nos bagages, seuls les bidons de 5 litres de Zam Zam ne sont pas parvenus. 10 jours après le retour en France il me répond : " Chez moi c’est pas grave pour les bidons, c’est le moins important . L’essentiel c’est que vous ayez récupéré les autres biens plus coûteux ".

Ainsi le Tawaf ne croit pas aux propriétés de cette eau car il dévalorise les cadeaux de Zam Zam que les Pèlerins offrent à leur visiteur au retour de leur Pèlerinage. Ne croyant pas à la dimension mystique de cette outil, il ne croit pas , par conséquent, aux propriétés magiques de leur « utilisateur – distributeur », c’est à dire la fonction de Tawaf.

Malgré la prise de conscience de son incompétence mystique il continue à se mettre en scène et à distribuer des biens de Salut aux Pèlerins qui consomment passivement.

Extrait du journal : " A plusieurs reprises, il refuse de transporter les Pèlerins malades chez le médecin et à l’hôpital car il avance l’idée que la souffrance est bienfaitrice pour la spiritualité dans ce bas monde(Dounia) et elle est bénéfique dans l’eau delà (Akhira) ".

Je lui demande cependant de visiter un médecin pour la deuxième fois. La première fois j’étais malade, mais cette fois je m’amuse. Il ne peut pas me le refuser car il connaît mon statut de chercheuse qu’il peine d’ailleurs à comprendre. Pour lui, ma fonction se situe entre une journaliste, une avocate, une diplomate, une théologienne.

En m’accompagnant, il ose rester durant la visite du médecin, c’est parfait puisque c’est ce que j’attends. Il dit que je tombe souvent malade « car Dieu m’éprouve puisqu’Il me veut ». Ensuite il se contredit, disant que ceux qui ne guérissent pas c’est la réception du châtiment de Dieu.

Ensuite, il préconise, tel un médecin, un ensemble de produits pharmaceutiques, des plantes médicinales de propriétés surnaturelles qu’il aurait essayé dans sa famille.

Extrait du journal : " Plusieurs produits sont vendues dans des pharmacies non officielles ou par des marchands ambulants.

D’abord il y a des plantes contre l’alcoolisme, l’asthme, le rhumatisme. Mais aussi des liquides dans le domaines de l’activité sexuelle et de la reproduction, il s’agit de lutter contre la frénésie de la masturbation et en même temps d’encourager le coït anal afin de favoriser la sécrétion d’une concentration forte en spermatozoïdes chez l’homme. La stimulation des désirs et de l’activité sexuelle en générale serait augmentée par un mélange d’épices asiatiques diverses, ajoutées à l’ail et au cumin.

Contre l’adultère et la fornication, des femmes exportent un échantillon de viande de mouton, qu’ils ont sacrifiés depuis l’Arabie Saoudite jusqu’en France.

La demande et les produits sont perçus comme une extase nécessaire devenant une substance issue de la souffrance provoquée, mais aussi interprétée comme un mal nécessaire par les Tawaf.

CONCLUSION :

Au cours de cette étude, il a été déterminent d’avoir à l’esprit cette distinction entre le sacrifice islamique ou de l’Islam et le sacrifice musulman. Le sens et la récompense du sacrifice islamique seraient divins et le cheminement intérieur demeurerait intime entre le pèlerin et le Divin.

Cependant , au cours du pèlerinage à la Mecque, il est très fréquent que les guides issus des agences de voyage en France imposent arbitrairement une grille de lecture traditionnelle et quasiment suicidaire des étapes du pèlerinage et une interprétation héroïque du statut du mort, au profit de l’obéissance aux guides, et au détriment de la violence symbolique ressentie quotidiennement par la majorité des pèlerins de France.

Les causes de la dénonciation collective des conditions de pérégrination à la Mecque étaient de nature principalement matérielles, sanitaires, économiques et financières.

Mais les libertés spirituelles ne doivent pas faire exception dans un rite aussi essentiel que le pèlerinage, car c’est particulièrement l’essence de l’homme qui est redécouverte.

Aujourd’hui ,les sujets de droits, en tant que citoyens musulmans de France, revendiquent l’autonomisation de leurs pratiques mais aussi de leur pensée.

Ce n’est pas parce que le pèlerinage est une renaissance pour le pèlerin que les agents doivent abuser de leur innocence en permanence.



Source : http://www.oumma.com/spip.php?article2270


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La problématique du calendrier islamique



Le soleil et la lune (évoluent) selon un calcul (minutieux) » (Coran, Ar-Rahman, 55 : 5)

« C’est Lui (Dieu) qui a fait du Soleil une clarté et de la Lune une lumière ; il en a déterminé les phases afin que vous connaissiez le nombre des années et le calcul du temps » (Coran, Yunus, 10 : 5)

« Les ulémas n’ont pas le monopole d’interprétation de la charia. Evidemment ils doivent être consultés au premier plan sur les questions de la charia. (Mais) ce ne sont pas eux qui font la loi religieuse, de même que ce ne sont pas les professeurs de droit qui font la loi, mais les parlements » (Ahmed Khamlichi, Point de vue n° 4) (1)




Introduction

Le calendrier islamique souffre de faiblesses indéniables. Ses dates sont associées à des jours différents dans différents Etats musulmans et il ne permet pas, à l’intérieur du même pays, de planifier d’activités au-delà du mois en cours.

A titre d’illustration, le 1er shawal 1426, jour de célébration de l’aïd el fitr, correspondait au mercredi 2 novembre 2005 en Libye et au Nigéria ; au jeudi 3 novembre dans 30 pays dont l’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et une partie des Etats-Unis ; au vendredi 4 novembre dans 13 pays dont le Maroc, l’Iran, le Bangladesh, l’Afrique du Sud, le Canada, une partie de l’Inde et une partie des Etats-Unis ; et au samedi 5 novembre dans une partie de l’Inde. (2) Cet état des choses n’est nullement exceptionnel, mais se renouvelle chaque mois.

Pourtant, le calendrier lunaire, basé sur le calcul, est en mesure de remplir parfaitement toutes les fonctions que les sociétés modernes en attendent. Mais, suite à l’interprétation que les ulémas ont donnée à un célèbre hadith du Prophète sur le début des mois lunaires, le mois lunaire islamique s’est retrouvé déconnecté de ses fondements conceptuels et méthodologiques astronomiques, ce qui a rendu caduques les fonctions du calendrier musulman, qui ne peut pas être établi à l’avance. (3)

De nombreux penseurs islamiques et juristes de renom se sont sentis interpelés par cette situation et ont publié à diverses reprises, depuis le début du 20è s., des études qui prônent l’utilisation par la communauté musulmane d’un calendrier islamique basé sur le calcul, dont ils confirment et démontrent la licité. La célèbre étude du cadi Ahmad Shakir (1939) (4), aux conclusions de laquelle le professeur Yusuf al-Qaradawi s’est dernièrement rallié (2004) (5) et les récentes décisions du Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (2006) (6) s’inscrivent dans cette ligne de pensée.

Le ‘alem et le calendrier

Le Coran n’interdit pas l’usage du calcul astronomique. Cependant, au temps de la Révélation, quand les Bédouins interrogèrent le Prophète sur la procédure à suivre pour déterminer le début et la fin du mois de jeûne, il leur recommanda de commencer le jeûne du mois du ramadan avec l’observation de la naissance de la nouvelle lune [au soir du 29è j du mois] et d’arrêter le jeûne avec la naissance de la nouvelle lune (du mois de shawal). « Si le croissant n’est pas visible (à cause des nuages) comptez jusqu’à 30 j. ». (7)

De ce fait, à part quelques juristes isolés, dans les premiers siècles de l’ère islamique, qui prônèrent l’utilisation du calcul pour déterminer le début des mois lunaires (8), le consensus des ulémas se forgea solidement, pendant 14 siècles, autour du rejet du calcul. Sur le plan institutionnel, seule la dynastie des Fatimides, en Egypte, a utilisé un calendrier basé sur le calcul, entre les 10è et 12è s., avant qu’il ne tombe dans l’oubli à la suite d’un changement de régime.

L’argument majeur utilisé pour justifier cette situation a trait au dogme : il n’est pas loisible d’aller à l’encontre d’une prescription du Prophète. (9) Il est illicite de recourir au calcul pour déterminer le début des mois lunaires, alors que le Prophète a recommandé la procédure d’observation visuelle. (10)

De nombreux ulémas soulignent, de plus, que le calendrier basé sur le calcul décompte les jours du nouveau mois à partir de la conjonction, laquelle précède d’un jour ou deux l’observation visuelle de la nouvelle lune. S’il était utilisé, le calendrier basé sur le calcul ferait commencer et s’achever le mois de ramadan, et célébrer toutes les fêtes et occasions religieuses, en avance d’un jour ou deux par rapport aux dates qui découlent de l’application du hadith du Prophète, ce qui ne serait pas acceptable du point de vue de la charia. (10)

Mais, depuis le début du 20è s., de plus en plus de penseurs islamiques, ainsi qu’une poignée d’ulémas de renom, remettent en cause de tels arguments.

A leur avis, le Prophète a simplement recommandé aux fidèles une procédure d’observation de la nouvelle lune, pour déterminer le début d’un mois nouveau. A l’époque, les bédouins se basaient sur la position des étoiles, de nuit, pour se guider dans leurs déplacements à travers le désert et observaient l’apparition de la nouvelle lune pour connaître le début des mois. Le Prophète n’a fait que les conforter dans leurs habitudes ancestrales.

L’observation du croissant n’était qu’un simple moyen, et non pas une fin en soi, un acte d’adoration (‘ibada). Le hadith relatif à l’observation n’établissait donc pas une règle immuable, pas plus qu’il n’interdisait l’utilisation du calendrier astronomique.

D’après certains juristes, le hadith ne parle même pas d’une observation visuelle de la nouvelle lune, mais simplement de l’acquisition de l’information, selon des sources crédibles, que le mois a débuté. (11) Cela ouvre naturellement de toutes autres perspectives dans la discussion de cette question.

L’Arabie Saoudite a d’ailleurs abandonné en 1999 la procédure d’observation de la nouvelle lune, pour lui substituer une nouvelle procédure basée sur le calcul des horaires de coucher du soleil et de la lune aux coordonnées de la Mecque, le soir du 29è j de chaque mois. Le coucher du soleil avant la lune indique le début du nouveau mois. Dans le cas inverse, le mois en cours aura une durée de 30 j.

Des études, de plus en plus nombreuses, réalisées par des astronomes musulmans au cours des dernières années, démontrent par ailleurs que les débuts de mois décrétés dans les pays islamiques sur une période de plusieurs décennies étaient très souvent erronés, pour toutes sortes de raisons. (12) et (13)

L’opinion juridique du cadi Shakir

Le cadi Ahmad Muhammad Shakir (14) mérite une mention à part dans ce débat. Il s’agit d’un juriste éminent de la première moitié du 20è s., qui occupa en fin de carrière les fonctions de Président de la Cour Suprême de la Charia d’Egypte (tout comme son père avait occupé les fonctions de Président de la Cour Suprême de la Charia du Soudan), et qui reste, de nos jours encore, un auteur de référence en matière de science du hadith. (15)

Il a publié, en 1939, une étude importante et originale axée sur le côté juridique de la problématique du calendrier islamique, sous le titre : « Le début des mois arabes … la charia permet-elle de le déterminer en utilisant le calcul astronomique ? » (4).

D’après lui, le Prophète a tenu compte du fait que la communauté musulmane (de son époque) était « illettrée, ne sachant ni écrire ni compter », avant d’enjoindre à ses membres de se baser sur l’observation de la nouvelle lune pour accomplir leurs obligations religieuses du jeûne et du hajj.

Mais, la communauté musulmane a évolué de manière considérable au cours des siècles suivants. Certains de ses membres sont même devenus des experts et des innovateurs en matière d’astronomie. En vertu du principe de droit musulman selon lequel « une règle ne s’applique plus, si le facteur qui la justifie a cessé d’exister », la recommandation du Prophète ne s’applique plus aux musulmans, une fois qu’ils ont appris « à écrire et à compter » et ont cessé d’être « illettrés ».

Les ulémas d’aujourd’hui commettent donc une erreur d’interprétation lorsqu’ils donnent au hadith du Prophète sur cette question la même interprétation qu’au temps de la Révélation, comme si ce hadith énonçait des prescriptions immuables, alors que ses dispositions ne sont plus applicables à la communauté musulmane depuis des siècles, en vertu des règles mêmes de la charia.

Shakir rappelle le principe de droit musulman selon lequel « ce qui est relatif ne peut réfuter l’absolu, et ne saurait lui être préféré, selon le consensus des savants. ». Or, la vision de la nouvelle lune par des témoins oculaires est relative, pouvant être entachée d’erreurs, alors que la connaissance du début du mois lunaire basée sur le calcul astronomique est absolue, relevant du domaine du certain.

Il rappelle également que de nombreux juristes musulmans de grande renommée ont pris en compte les données du calcul astronomique dans leurs décisions, citant à titre d’exemples Cheikh Al-Mraghi, Président de la Cour Suprême de la charia d’Egypte ; Taqiddine Assoubaki et Takiddine bin Daqiq al-Eid.

Shakir souligne, en conclusion, que rien ne s’oppose, au niveau de la charia, à l’utilisation du calcul pour déterminer le début des mois lunaires et ce, en toutes circonstances, et non à titre d’exception seulement, comme l’avaient recommandé certains ulémas.

Il observe, par ailleurs, qu’il ne peut exister qu’un seul mois lunaire pour tous les pays de la Terre, basé sur le calcul, ce qui exclut la possibilité que le début des mois diffère d’un pays à l’autre. (16) L’utilisation du calendrier basé sur le calcul rendra possible la célébration le même jour, dans toutes les communautés musulmanes de la planète, d’événements à caractère hautement symbolique sur le plan religieux, tels que le 1er muharram, le 1er ramadan, l’aïd al fitr, l’aïd al adha ou le jour de Arafat, lors du hajj. Cela renforcera considérablement le sentiment d’unité de la communauté musulmane à travers le monde.

Cette analyse juridique du cadi Shakir n’a jamais été réfutée par les experts en droit musulman, 66 ans après sa publication, ce qui conforterait la notion que les ulémas n’ont rien trouvé à y redire, sur le plan juridique.

Il faut noter, dans ce contexte, que le professeur Yusuf al-Qaradawi s’est récemment rallié formellement à la thèse du cadi Shakir. Dans une importante étude publiée en 2004, intitulée : « Calcul astronomique et détermination du début des mois », (5) al-Qaradawi prône pour la première fois, vigoureusement et ouvertement, l’utilisation du calcul pour l’établissement du calendrier islamique, une question sur laquelle il avait maintenu une réserve prudente jusque-là. Il cite à cet effet avec approbation de larges extraits de l’étude de Shakir.

La décision du Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (CFAN)

De son côté, le Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (CFAN), qui s’est senti depuis des années interpelé par cette question, a annoncé au mois d’août 2006 sa décision mûrement réfléchie d’adopter désormais un calendrier islamique basé sur le calcul, en prenant en considération la visibilité du croissant où que ce soit sur Terre. Utilisant comme point de référence conventionnel, pour l’établissement du calendrier islamique, la ligne de datation internationale (International date line (IDL)), ou Greenwich Mean Time (GMT), il déclare que désormais, en ce qui le concerne, le nouveau mois lunaire islamique en Amérique du Nord commencera au coucher du soleil du jour où la conjonction se produit avant 12 : 00 GMT. Si elle se produit après 12 : 00 GMT, alors le mois commencera au coucher du soleil du jour suivant. (6)

La décision du CFAN est d’un grand intérêt, parce qu’elle conjugue avec une grande subtilité les exigences théologiques des ulémas avec les données de l’astronomie.

Le CFAN retient le principe de l’unicité des matali’e (horizons), (16) qui affirme qu’il suffit que la nouvelle lune soit observée où que ce soit sur Terre, pour déterminer le début du nouveau mois pour tous les pays de la planète. Après avoir minutieusement étudié les cartes de visibilité du croissant lunaire en différentes régions du globe, il débouche sur la conclusion suivante :

Si la conjonction se produit avant 12 : 00 GMT, cela donne un temps suffisant pour qu’il soit possible d’observer la nouvelle lune en de nombreux points de la Terre où le coucher du soleil intervient longtemps avant le coucher du soleil en Amérique du Nord. Etant donné que les critères de visibilité de la nouvelle lune seront réunis en ces endroits, on pourra considérer qu’elle y sera observée (ou qu’elle aurait pu l’être si les conditions de visibilité avaient été bonnes), et ce bien avant le coucher du soleil en Amérique du Nord.

Par conséquent, sur ces bases, les stipulations d’observation de la nouvelle lune seront respectées, comme le prescrit la charia, et le nouveau mois lunaire islamique débutera en Amérique du Nord au coucher du soleil du même jour. Si la conjonction se produit après 12 : 00 GMT, alors le mois commencera en Amérique du Nord au coucher du soleil du jour suivant.

Conclusion

La problématique du calendrier islamique ne soulève pas de difficultés au niveau de son volet astronomique. Ce sont les volets théologique, culturel et politique qui posent problème. Les ulémas ont donné à un hadith du Prophète sur le début des mois lunaires une interprétation qui a déconnecté le mois islamique de son ancrage astronomique, l’exposant à tous les aléas. Mais, comme le démontrent des juristes éminents, ce hadith peut être analysé de diverses manières.

L’interprétation traditionnelle qui en a été donnée par les ulémas a forgé un consensus autour du rejet du calcul, considéré comme illicite. Mais, le cadi Shakir et le professeur al-Qaradawi affirment maintenant que l’utilisation du calcul est parfaitement licite, parce que le hadith en question ne s’applique plus, selon les règles de la charia, aux sociétés islamiques modernes.

Le Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (CFAN) a développé, pour sa part, une solution alternative, qui se situe à mi-chemin entre les deux positions précitées. Elle conjugue avec une grande subtilité les exigences théologiques des ulémas avec les derniers développements dans les connaissances astronomiques relatives au début des mois lunaires. La solution retenue par le CFAN est particulièrement attrayante, du fait qu’elle permet de résoudre de manière élégante un problème épineux, considéré comme insoluble pendant des générations. En effet, elle permet l’établissement à l’avance d’un calendrier lunaire islamique annuel, dont le début des mois est programmé sur la base du moment (parfaitement prévisible, longtemps à l’avance) auquel la conjonction se produira chaque mois.

Le raisonnement du CFAN peut s’appliquer, sans retouches, à l’ensemble des communautés islamiques de la planète. Il leur permettrait d’établir ensemble, à l’avance, un calendrier islamique annuel unique, valable en tous lieux du globe, dans le respect des règles de la charia.

Les gouvernants des Etats islamiques, seuls vrais décideurs en la matière, ont donc un choix à faire entre le maintien du statu quo, l’adoption du raisonnement juridique « pur et dur » du cadi Shakir ou l’application de la solution « intermédiaire », mais tout de même élégante et efficace, développée par le CFAN.

Il est bon de rappeler, à ce propos, que le calendrier julien, lui aussi, a connu toutes les mésaventures imaginables, en son temps, avant d’atteindre son statut actuel de référence universelle, grâce aux adaptations dont il a fait l’objet au cours des siècles. En 1267, Roger Bacon écrivait, à son sujet :

« Le calendrier est intolérable pour le sage, une horreur pour l’astronome et une farce pour le mathématicien ». Pourtant, il a surmonté sa crise de croissance, grâce aux soins dont il a été entouré. Car, comme Jules César le résume si bien :

"Nos fautes, cher Brutus, ne sont point dans nos étoiles, mais dans nos âmes prosternées." (17)




Source : http://www.oumma.com/spip.php?article2335


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Islam de France : messieurs, il est temps de passer la main



Editorial

Tout le monde convient que La France s’enfonce doucement à droite. Ce glissement progressif n’est pas surprenant. Il s’agit d’un phénomène presque général qui a commencé à s’imposer depuis la chute du mur de Berlin. L’effondrement des idéologies et des utopies, le consumérisme et la mondialisation ont fait le reste. Il n’y a pas si longtemps encore la majorité des gouvernements soutenait l’Afrique du Sud dans sa lutte contre l’apartheid, comme elle avait soutenu les luttes anti-coloniales. Aujourd’hui nous assistons impuissants à la colonisation de La Palestine et au massacre quotidien des populations civiles sans que cela n’émeuve plus personne. Les motifs d’indignation se sont perdus avec les repères.

La force semble avoir pris définitivement le pas sur la raison. La Palestine, La Tchétchénie ou Le Darfour n’intéressent plus grand monde. G.W Bush règne en maître absolu. On absout ses mensonges et ceux des puissants qui l’ont accompagné dans l’occupation de l’Irak. Les intellectuels de gauche, hérauts hier encore de la lutte anticoloniale et de l’émancipation des peuples, ont définitivement oublié la Palestine. Sans rougir, ils commencent à passer à droite. Les causes justes sont remises en cause. Et dans ce mouvement de fond qui tient plus du sauve qui peut que de la révolution, les valeurs jusque-là consensuelles telles que la solidarité humaine et le respect de l’autre, sont de plus en plus abandonnées, pour laisser place à l’individualisme et au repli communautaire.

Le Pen observe tout cela avec beaucoup de gourmandise et peut ruminer tranquille. De Villiers parle d’ « islamisation rampante », Sarkozy de « racaille, d’excision et de moutons égorgés dans les baignoires » sans qu’on n’y trouve à redire. Finkielkraut peut dire en toute impunité qu’il y a trop de noirs dans l’équipe de France de football. Ce qui était abject hier encore, est devenu banal aujourd’hui, quand il n’est pas l’occasion de bons mots ou qu’il n’amuse les foules de partisans. On en est tourneboulé. Il est évident que les principales victimes de cette crispation sont les moins organisés, les plus pauvres et les moins puissants des Français, à savoir les noirs et les arabes. Ils ne sont pas assez puissants, ni influents pour faire voter des lois condamnant l’islamophobie par exemple.

Personne ne viendrait à leur dîner annuel. Rien d’étonnant dès lors à ce que cette catégorie de la population serve de défouloir à tous ceux qui auraient des comptes à régler avec les arabes et l’islam. Un journal s’est particulièrement distingué dans cet hallali. Il a dépassé les limites de l’admissible puisqu’il laisse accroire que les adeptes du prophète sont des terroristes. Le mal est fait, la messe est dite et il ne restait plus aux musulmans de France qu’à demander réparation morale en attendant des jours meilleurs.

Ainsi les musulmans de France en appellent à la justice de leur pays pour condamner l’insulte. Va pour les caricatures, ne cessent-ils de proclamer, mais pas de confusion entre islam et terrorisme. Rien n’y fait. Ils se retrouvent au ban des accusés, non pas parce que leurs adversaires sont plus déterminés, mais parce que leurs représentants autoproclamés, désignés ou adoubés par un ministre-mufti, font peu de cas de leurs ouailles et lorgnent plus vers les ors de La République et les labels des grandes mosquées d’Orient, que sur le sort de fidèles aujourd’hui définitivement désemparés.

Cette immense majorité de musulmans silencieux qui ne demandent rien d’autre qu’à pratiquer librement leur foi dans le respect des lois de La République, se retrouvent encore un fois, l’objet d’enjeux qui les dépassent. S’ils ont servi à aider les laïcards à se refaire une santé lors des débats sur le voile, ils permettent aujourd’hui à un journal d’engranger de substantiels dividendes, et à quelques islamophobes patentés, d’avancer vêtus de probité candide et prêts à mourir pour la défense de la liberté d’expression, jurent-ils.

Les représentants de ces quelques cinq millions de musulmans, peu rompus aux confrontations d’idées et aux débats, peu soucieux de rendre des comptes à leurs ouailles, et convaincus d’avoir raison puisque la raison est avec eux, se sont trouvés acculés à faire front et à recourir aux moyens légaux pour défendre leur droit à la dignité. Ils ont montré leur impuissance par le passé ( affaire Houellebecq ) et semblent avoir oublié qu’une bonne cause mal défendue devient mauvaise cause lorsque l’impréparation vient s’ajouter à l’incompétence.

Qu’il s’agisse de la mosquée de Paris ou de l’UOIF, le constat de faillite et d’incompétence est patent. Il faut dire que ces deux grandes entités qui se sont donné comme vocation la recherche des meilleures conditions possible pour la pratique du culte, n’ont jamais eu la tâche facile. Mais n’est ce pas aussi l’honneur de ceux qui ont choisi cette mission devenue aujourd’hui un véritable combat, de savoir passer la main quand les enjeux les dépassent ou qu’ils imposent de changer de braquet ?

Pendant de longues années, des critiques pas toujours objectives, ni désintéressées reprochaient aux différents responsables d’obéir, qui à un pays, qui à une idéologie ou qui à l’appât du gain et à la recherche de notoriété, dans leur gestion quotidienne des affaires du culte musulman. L’image pas toujours bienveillante, qui accompagne le plus souvent les responsables de ces deux organisations, est celle de barons nantis et entourés d’affidés peu susceptibles de leur faire de l’ombre et de remettre par conséquent leurs privilèges en jeu.

Il n’y a de place ni pour les jeunes ni pour les femmes. Aucune relève n’y a été préparée et la communication y est des plus lamentables. Bref tous les ingrédients sont périodiquement énumérés pour annoncer un effondrement inévitable des deux édifices sous l’effet conjugué de leur naïve crédulité dans leurs rapports avec les autorités de tutelle et le découragement des jeunes musulmans qui assistent impuissants au naufrage. Il est temps aujourd’hui de faire le bilan et les examens de conscience, de revoir entièrement sa stratégie et surtout d’inviter au débat démocratique les jeunes, filles et garçons, pour leur permettre de prendre eux-mêmes leur destin en main.

Dire qu’il est temps de redistribuer les cartes, de repenser l’organisation de l’islam de France sur des bases réellement démocratiques, de rejeter définitivement cette forme de gestion « blédarde », de donner toutes leurs places à la femme et aux jeunes générations, ce n’est pas faire procès en sorcellerie à quiconque. C’est tout simplement privilégier le langage de la franchise et de la fraternité et placer l’intérêt collectif au-dessus des intérêts particuliers en vue des épreuves à venir. Il est encore temps de passer la main.




quelques commentaires :


Citation:
je voudrais contribuer au débat par une anecdote. Lors des élections pour les representants de l’islam de France , j’ai amené des personnes à Lille pour aller voter. Ce n’était uniquement que des personnes agées et ils avaient eu tous comme consigne de voter pour la mosquée de paris. Cette endoctrinement c’est fait pas le biais d’une personne qui rendait visite au fideles de cette mosquée.Sa réthorique pour les convaincre est la suivante. Mais pour bien la comprendre je vais rappeller une caractéristique de l’islam de ma ville. Il y a deux mosquées , une tenue par les Algériens et l’autre par les Marocains. vous êtes des Algériens, la mosquée de Paris represente les algériens , vous devez donc votez pour eux ! Malhereusement, toutes les personnes sont tonbés dans le paneau et dans les autres mosquée c’est la m^mme chose en vote en fonction de son ethnie et de sa nationalité. Mais les responsables ne sont pas les fideles des mosquée car la plus part sont aliénes par leur nationalisme étroit et qui est entretenu pour servir les causes de l’islam blédar. Pour être libre il faut avoir eu un minimum d’education intelectuelle ce que ces personnes n’ont pas eu malhereusement.



Citation:
Ce fut un comble par ailleurs, que le créateur du CFCM, à savoir M. Sarkozypocrite ait donné son soutient à charlie hebdo, contre sa propre création sans que celle-ci n’en sache rien, qu’au 1er jour du procès.

Cette nouvelle cloonesque démontre bien une grande désorganisation.



Citation:
Au bon vieux temps des colonies, l’Etat français imposait aux musulmans indigènes leurs propres représentants. Rien a changé dans cette belle France, la mise en place du CFCM est une vieille pratique coloniale.


Citation:
As-Salam Aleykom

Au nom d’Allah le Clément et le Miséricordieux

Je salue ici la rédaction d’OUMMA pour le courage et la clarté de cet article.

Il est en effet très clair que ces soi-disant fédérations qui nous représentent ont échoué du début jusqu’à la fin de leur mission, et qu’un minimum d’honnêteté de leur part devrait les conduire à passer la main.

Cependant, c’est vraiment les méconnaître que de penser qu’ils vont s’écarter d’eux même pour laisser la place à un éventuel successeur. C’est de l’utopie ! Surtout si on espère que les successeurs soient meilleurs : plus courageux et plus compétents.

En effet, si ces structures se renouvellent c’est essentiellement pour produire des responsables qui sont une copie conforme des précédents sinon pires. Pour s’en convaincre il suffit de regarder de près comment elles sont structurée en interne comment les équipes dirigeantes sont renouvelées et comment la passation de pouvoir se fait en leur sein.

A moins d’un miracle mais on voit rarement des organisations avec cette mentalité, ce type de fonctionnement, produire des gens compétents qui procèdent à une révolution interne dans la structure.

Pour cette raison, je pense que cet article décrit la pathologie, il a besoin d’être suivi d’un autre qui donne les grandes lignes de la thérapie à suivre.

Sans prétendre à une quelconque exhaustivité, je trace ci-dessous les premières idées qui me viennent à l’esprit pour barrer la route à ces fédérations et contribuer à débarrasser la communauté musulmane de France de leur emprise :

1-S’organiser de nouveau en créant de nouvelles structures indépendantes même petites et locales

2- Rester le plus près possible des musulmans en évitant de faire la moindre distinction entre eux.

3- Si vote il ya ne plus voter pour ces gens.

4- Ne plus acheter les calendriers de l’UOIF

5- Ne pas aller au Bourget.

6- Participer activement à expliquer aux musulmans ce qui se passe autour d’eux.

7- Chaque association qui est sous l’emprise d’une de ces fédérations doit s’en affranchir le plus rapidement possible.

As-Salam Aleykom.

Mohsen.




source : http://www.oumma.com/spip.php?article2347


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Les fausses accusations de Jean-Charles Brisard, spécialiste autoproclamé du terrorisme




Auteur du best-seller « Ben Laden, la vérité interdite » (co-écrit avec Guillaume Dasquié), paru en novembre 2001, le Français Jean-Charles Brisard, installé en Suisse, passait pour un spécialiste international du terrorisme. Mais ses accusations systématiques contre des musulmans sont démenties les unes après les autres.

La justice française vient de blanchir Yeslam Binladin, le demi-frère d’Oussama Ben Laden. Cet homme d’affaires de 56 ans, qui commercialise des produits de luxe, est installé à Genève depuis une vingtaine d’année. « Les investigations menées n’ont pas permis de caractériser des opérations de blanchiment ou de financement d’activités ou de réseaux liées à Oussama Ben Laden », souligne le juge Renaud Van Ruymbeke dans son ordonnance de non-lieu du 27 décembre 2006.

Cette victoire du citoyen suisse Yeslam Binladin apparaît comme une nouvelle défaite pour Jean-Charles Brisard, longtemps présenté comme un expert international du financement du terrorisme.

Yeslam Binladin est depuis plusieurs années l’une des cibles favorites de Jean-Charles Brisard. En 2001, dans « Ben Laden, la vérité interdite », vendu à près de 200 000 exemplaires, l’ “expert“ affirmait que la compagnie Avcon Air Charter, dont Yeslam Binladin serait actionnaire, « offre des cours de pilotage à ses clients dans la même école que celle fréquentée en Floride par plusieurs des “kamikaze“ avant les attentats du 11 septembre 2001 ».

Pure affabulation, mais qu’importe, plus c’est gros, plus ça plait ! Autre “révélation “ plus récente : Yeslam Binladin aurait demandé à sa banque à Genève de virer 241 millions de dollars sur un compte ouvert par Oussama Ben Laden en personne à Karachi au Pakistan. On n’imaginait pas que le fondateur d’Al-Qaida puisse être aussi imprudent pour s’exposer ainsi.

Pour Yeslam Binladin, il ne s’agit pas d’erreurs grossières mais de mensonges. « Brisard n’a jamais cessé de répandre de fausses accusations contre moi. Il a fait du 11 septembre son fonds de commerce », dénonce-t-il. Mêmes accusations de la part de Tariq Ramadan, joint par téléphone à Londres. « Brisard ne se trompe pas. Il colporte sciemment des faits mensongers contre moi depuis plusieurs années ».

Ainsi, Jean-Charles Brisard a poussé le bouchon jusqu’à prétendre qu’Omar Abdel Rahman, le “cerveau“ de l’attentat de 1993 contre le World Trade Center, était… l’oncle de Tariq Ramadan. « Les spécialistes autoproclamés du terrorisme se permettent de vous refaire une famille », ironise Tariq Ramadan. Rappelons que la société Al-Taqwa, installée dans le canton du Tessin, une autre cible de Jean-Charles Brisard, accusée d’avoir financé les attentats du 11 septembre, a elle aussi bénéficié d’un non-lieu le 31 mai 2005.

Dans d’autres affaires, Jean-Charles Brisard a été contraint d’avouer de lourdes erreurs. Le 14 mars 2006, il doit se rétracter face à la société DMI Administrative Services à Genève, qu’il avait associé au financement du terrorisme. « Jean-Charles Brisard, dans le cadre de la procédure pénale suisse dirigée contre lui à l’instance de DMI Administrative Services SA à la suite du témoignage du 22 octobre 2003 devant la Commission bancaire du Sénat des Etats-Unis, diffusé sur le site de cette Commission, tient à préciser, lorsqu’il mentionne dans ce témoignage DMI, ses filiales ainsi que les organes du groupe, qu’à aucun moment il n’a voulu laisser entendre que ces entités aient pu, directement ou indirectement financer ou participer au financement du terrorisme, et regrette que ses propos aient pu être mal interprétés », écrit-il dans une « Rétractation-Correctif » paru dans la presse suisse.

Nouveaux aveux en novembre 2006, Jean-Charles Brisard (et Guillaume Dasquié) doivent présenter des excuses au cheik Khalid Bin Mahfouz et au cheik Abdulrahman Bin Mahfouz dans la presse internationale. Evoquant le livre « Ben Laden, la vérité interdite » et le rapport « Le financement du terrorisme » (écrit par Jean-Charles Brisard seul), publié en décembre 2002, ils reconnaissent que ceux-ci « contiennent des allégations extrêmement sérieuses et diffamatoires concernant le cheik Khalid Bin Mahfouz et le cheik Abdulrahman Bin Mahfouz, alléguant de leur soutien au terrorisme par le biais de leurs entreprises, familles et œuvres de bienfaisance et par voie directe.

A la lumière de ce que nous savons aujourd’hui, nous acceptons et reconnaissons que l’ensemble de ces allégations vous concernant et concernant vos familles, entreprises et œuvres de bienfaisances sont entièrement et manifestement fausses ». Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié se déclarent « conscients du très grave préjudice que ces allégations ont causé à vos réputations ».

Plus grave encore, Jean-Charles Brisard avait distribué en 2002 à la presse son rapport sur le terrorisme, assurant qu’il lui avait été commandé par le président du Conseil de sécurité des Nations Unies. Démenti cinglant d’Alfonso Valdivieso, le président du Conseil : il n’a jamais demandé de rapport à Jean-Charles Brisard. « Actually, I personally never met with or spoke to Mr Brisard and it is completely false that I in my capacity as President of the Security Council or as President of the 1267 Committee or in any capacity within that Organization had commissionned him on a personal or official basis to write a Report on terrorism », écrit Alfonso Valdivieso depuis Bogota (Colombie) le 12 mars 2004.

Pourquoi les médias et la justice ont-ils porté aux nues ces spécialistes autoproclamés du terrorisme ? « Au moment de la chute du mur de Berlin, il existait de nombreux “kremlinologues“ qui ont pu nous expliquer ce qui se passait. En revanche le 11 septembre 2001, il n’y avait pas de spécialistes à la fois du monde arabe et du terrorisme. Certains ont comblé le vide en se prétendant “qaïdologues“. Le problème, c’est que la plupart d’entre eux n’ont jamais vu un islamiste de leur vie », commente le chercheur Ali Laïdi (*).

Jean-Charles Brisard ne serait pas un cas unique. « En Grande-Bretagne, on s’est aperçu qu’un de ces “spécialistes“ du terrorisme islamiste n’avait, en fait, passé qu’une seule nuit dans un pays arabe ! », constate Hasni Abidi, fondateur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen à Genève (CERMAM). « Toutefois, ajoute-t-il, on a atteint les limites : pourquoi les autorités judiciaires ont-elles avalé pendant si longtemps les élucubrations de ces pseudo-spécialistes ? ».

(*) Ali Laïdi, « Retour de flamme. Comment la mondialisation a accouché du terrorisme ». Calmann-Lévy.



Commentaires :

Citation:
Commentaire de Trotski, 21 février 2007
Cette affaire illustre le racisme sous-jacent des sociétés occidentales, qui intérieurement continuent à se penser et se percevoir, supérieures.

Est-il besoin de preuve pour accuser un musulman ? Est-il besoin de vérifier et de confronter les affirmations d’experts en accusation ?

Est-il besoin de procéder en matière d’enquête comme on le ferait pour un non musulman ?

Trois fois non !

Et quand bien même, les menteurs sont démasqués, quelle peine encourt les menteurs et les comploteurs ?

Aucune ! Ils continuent tout simplement avec les médias commerciaux comme relais, à répandre leurs graves accusations contre les musulmans.

Lorque l’on étudie précisément la genèse de ces mensonges, c’est à dire les attentats du 11 septembre, on découvre avec force pertinence que le terrorisme est d’essence militaire. Que les militaires n’ont jamais hésité à préparer des opérations terroristes, y compris contre leur propre population, pour justifier des attaques terroristes sur une grande échelle. ( voir opération Northwoods in Loose change sur le site http://reopen911.online.fr/



Citation:
Commentaire de Jeannot, 21 février 2007
Article qui illustre que les experts en terrorisme fleurissent en France comme des choux fleurs. C’est à celui qui fera le plus dans le catastrophisme.


Citation:
Commentaire de Nejib, 21 février 2007
Que des individus malhonnêtes, manipulateurs, opportunistes...essaient de se créer une renommée, c’est la triste nature humaine....que ces mêmes individus une fois démasqués, continuent à être invités sur les plateaux, à être écoutés...c’est de la complicité. Nul doute que beaucoup de journalistes, politiciens savent pertinemment que l’Islam n’a rien à voir avec le terrorisme...mais il est tellement facile de hurler avec les loups. Le salut viendra des musulmans eux-mêmes qui en s’organisant sur le plan économique d’abord, politique ensuite devraient pouvoir se faire respecter. Merci, M. HAMEL pour votre honnêteté intellectuelle et votre dignité.


source : http://www.oumma.com/spip.php?article2352


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Débat de Mots croisés : l'islam face à la critique

> Alain MADELIN, député Ile-et-Villaine (UMP)

> Vincent PEILLON, député européen (PS)

> Caroline FOUREST, essayiste et journaliste à Charlie Hebdo

> Rachida KHALIL, comédienne

> Frédéric LENOIR, philosophe et sociologue, directeur de la rédaction du Monde des Religions

> Abdennour BIDAR, professeur de philosophie

> Mahmoud DOUA, membre de l’UOIF, enseignant en anthropologie et sciences politiques à l’université de Bordeaux

> Jean-Marc ROUBAUD, député du Gard (UMP) , auteur de la proposition de loi visant à interdire le blasphème

http://www.prochoix.org/cgi/blog/?q=fourest


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