Bienvenue
Connexion automatique    Nom d’utilisateur:    Mot de passe:    
           



Répondre
  
Nouveau
Page 1 sur 1
Assahifa
Auteur Message
Répondre en citant

Message Assahifa 

Le roi Mohammed VI a renoncé à engager des poursuites judiciaires contre le journal marocain indépendant "Assahifa", qui avait publié un texte mettant en cause l'intégrité du souverain alaouite dans une affaire de prospection pétrolière dans le royaume, a-t-on appris de source officielle, jeudi, à Rabat.

"Assahifa", quotidien arabophone, a publié mardi le résumé d'une lettre de Michael Costin, PDG de la société pétrolière américaine Skidmore, mettant en cause l'intégrité du roi marocain dans une affaire de prospection pétrolière à Talsint (Sud-Est) datant de l'an 2000.

La lettre mettait également en cause des personnalités politiques américaines et saoudiennes.

La décision de ne pas poursuivre "Assahifa" en justice a été prise "malgré les violations flagrantes de la déontologie et de l'éthique de la profession ayant entaché l'article du journal qui comportait des mensonges délibérés", rapporte l'agence de presse marocaine (MAP).

Le roi Mohammed VI a pris en considération "les excuses formulées par les responsables de la publication et leur décision de suspendre provisoirement sa parution", a indiqué l'un de ses conseillers, cité par l'agence officielle.

En août 2000, les autorités marocaines avaient annoncé la découverte d'importants gisements de pétrole à Talsint, avant de démentir par la suite l'information.



Visiter le site web du posteur
Auteur Message

Message Publicité 

PublicitéSupprimer les publicités ?


Auteur Message
Répondre en citant

Message Assahifa, le vrai débat 

L’affaire Assahifa a laissé l’impression d’une histoire “scénarisée” dans laquelle chacun a tenu son rôle et qui, finalement, se termine sans dégâts pour à peu près tout le monde.

Sauf pour la réputation d’Assahifa mais aussi et surtout pour une profession traînée dans la boue et, en définitive pour l’intérêt des Marocains qu’on a privé d’un débat de fond salutaire. Repassons d’abord le film des événements. Après avoir publié les extraits d’une lettre affirmant que le monarque a reçu 13 millions de dollars dans l’affaire Talsint, les dirigeants d’Assahifa font amende honorable, présentent des excuses et suspendent la parution du quotidien. La monarchie magnanime expose sa clémence en publiant un communiqué dans lequel elle affirme renoncer à entamer des poursuites judiciaires ou à interdire le quotidien arabophone. Les organisations dites professionnelles crient haro sur le baudet et tombent à bras raccourcis sur les “mécréants” d’Assahifa. Les thuriféraires appointés s’en donnent à cœur joie et clouent au pilori le quotidien dirigé par Mohammed Hafid. Fermez le ban. Circulez, il n’y rien à voir. Vraiment ? Commençons d’abord par l’origine de cette tempête dans un verre d’eau : la publication des extraits litigieux.

Assahifa décide donc de publier les extraits d’une lettre émanant d’un certain Michael Gustin. Cette lettre contient des accusations graves. Il y est notamment relaté que le roi aurait reçu de l’argent pour, croit-on comprendre, permettre l’exploitation du site de Talsint. Que peut-on reprocher à Assahifa dans cette histoire ? Publier ce document sans fournir aux lecteurs les éléments nécessaires pour apprécier la crédibilité de M. Gustin ? Publier ce document sans un surcroît d’investigation comme par exemple prendre contact avec au moins quelques uns des protagonistes cités dans cette fameuse lettre ? Ou tout simplement le fait même d’oser publier un document qui semble mettre en cause le roi ? Aux deux premières questions on peut effectivement répondre qu’Assahifa aurait pu et même dû mettre cette lettre dans son contexte. Elle aurait pu fournir aux lecteurs les clés d’analyse qui leur auraient permis de relativiser le contenu de la lettre. On peut citer à cet égard les affirmations contradictoires de M. Gustin et la nature commerciale de son conflit avec le Maroc. Assahifa aurait pu souligner la thèse farfelue contenue dans la lettre sur le soi-disant impérialisme pétrolier des Saoudiens au Maroc. Elle aurait aussi pu prendre contact avec Mohamed Benslimane, Edward Gabriel, le Cabinet royal et surtout Michael Gustin lui-même. Malgré tous ces reproches, il convient de rappeler qu’Assahifa a publié une lettre qui existe et dont la parole de l’auteur a, par le passé, été jugée crédible par le régime lui-même.
Le monarque n’a-t-il pas prononcé un discours dans lequel il a annoncé aux Marocains l’existence de ressources pétrolières d’excellente qualité et en quantité importante sur foi de la parole de M. Gustin et de ses associés ? Des ressources pétrolières finalement inexistantes selon les dires de l’Etat lui-même. Dans l’article publié par Assahifa, les affirmations sur l’affaire ont constamment été présentées comme les dires du seul M. Gustin. Le communiqué d’Assahifa s’excusant auprès de ses lecteurs, ainsi que sa décision de cesser la parution, pour mieux maîtriser son fonctionnement éditorial, sont la marque d’un vrai respect de ses lecteurs et des principes du journalisme éthique. Et puis il est tellement facile de jouer les pères de la vertu quand, contrairement aux journalistes d’Assahifa, on n’ose pas rendre comptables nos dirigeants, même les plus hauts placés, de leurs actes. Quand on ne s’aventure jamais, contrairement aux journalistes d’Assahifa, à mettre l’intérêt général au dessus de son propre confort et de sa propre sécurité. Quand, en fait, on n’exerce pas le journalisme, celui qui met les puissants face à leurs responsabilités. Journalisme qu’Assahifa et d’autres tentent vaillamment d’exercer. Qui de ceux qui tentent d’exercer cette profession, qui de NOUS n’a jamais “fauté” comme a “fauté” Assahifa ? Ce ne sont pas certains membres de cette Fédération des éditeurs qui risquent de commettre les erreurs journalistiques, soi-disant commises par Assahifa. Pour commettre des erreurs de journalistes, il faut d’abord exercer le journalisme. Maintenant faut-il s’interdire le moindre travail journalistique sur les activités publiques du monarque ?
La monarchie est une institution marocaine centrale et légitime. On peut arguer qu’elle bénéficie d’un statut particulier qui confère une protection encore plus stricte de la vie privée du roi et de sa famille. Si on peut comprendre et accepter cette “exception”, il est difficile de justifier d’un point de vue moral l’immunité de tout travail journalistique, donc du regard du public, des actions publiques d’un roi. Un roi dont les décisions ont un impact direct sur la vie de 30 millions d’âmes. C’est bien pour cette raison que les vraies démocraties ont toujours accordé aux médias une marge de manœuvre légale plus large lorsqu’il s’agit d’ausculter le travail public de leurs dirigeants politiques. Si l’attitude de la Fédération des éditeurs n’a guère surpris, celle du Syndicat national de la presse marocaine laisse perplexe. Sa condamnation d’Assahifa est problématique. D’abord elle a été prononcée sans qu’il y ait la moindre procédure d’enquête ou d’audition.
Deuxièmement, elle procède d’une philosophie de la profession qui mérite débat. Celle de l’autorégulation et de ses limites. Les limites de la profession sont d’abord celles du lectorat et de la justice. Oui, de la justice. A cette justice, aucun syndicat, aucune fédération, ne doivent se substituer. Sauf que cette justice doit appliquer des lois votées souverainement par un Parlement élu dans la transparence. Elle doit être équitable et indépendante. C’est cet objectif que doivent se donner les professionnels. Si la monarchie souhaite réellement encourager la presse de qualité, ce n’est pas en publiant des communiqués pour dire qu’elle ne recourra pas à la justice quand elle se sent diffamée. Elle permettra au journalisme sérieux de se développer lorsqu’elle tiendra les journalistes comptables de leurs écrits devant une justice indépendante appliquant des lois légitimées par des élections transparentes. Quant à ceux qui ont à cœur la réputation de la monarchie, pourquoi n’enquêtent-ils pas sur les événements ayant mené à ce fameux discours du 20 août 2000 qui a écorné la crédibilité du nouveau règne. Pourquoi ne demandent-ils pas de compte au cousin du roi, Moulay Abdallah Alaoui qui, dans une lettre pour le coup vraiment compromettante, argue de sa proximité avec le monarque pour demander des avantages sonnants et trébuchants à Michael Gustin et à ses associés (voir décryptage) ? Cela reviendrait à lever définitivement les nombreuses zones d’ombre de cette affaire. Enfin, il m’a été particulièrement pénible de voir Mohammed Hafid, directeur de publication d’Assahifa, traîné dans la boue. Comment douter de l’éthique de l’homme Hafid est cet homme issu d’un milieu populaire qui a refusé un poste d’élu parlementaire parce que les élections étaient truquées. Il fait partie de cette trempe d’hommes qui nous permettent, nous Marocains, de ne jamais désespérer de notre propre capacité à inventer un avenir meilleur.
L’esprit de sacrifice, le mot en la circonstance est loin d’être vain, dont il a fait preuve et dont il continue de faire preuve, restaure la confiance des Marocains en leurs concitoyens. Combien de ces contempteurs auraient eu la grandeur d’âme d’agir comme il l’a fait en novembre 1997, lorsque sa conscience lui a commandé, lui le fils de Sidi Othmane, de renoncer aux fastes d’un salaire de parlementaire et des honneurs qui vont avec ? Combien d’entre eux auraient eu la droiture de ne jamais monnayer le statut de héros populaire consécutif à son geste ? Combien auraient continué à se battre dans l’arène politique et médiatique dans un environnement ingrat avec pour seul but le respect de la dignité des Marocains ? Pour cela il mérite tout notre respect et notre reconnaissance.
Par Aboubakr Jamaï

Visiter le site web du posteur
Auteur Message
Répondre en citant


Y a-t-il finalement du pétrole à Talsint ?
Si on s’en tiend aux seules déclarations officielles, celle du chef de l’Etat lors de son discours du 20 août 2000 qui a annoncé l’existence de pétrole «en quantité abondante»,...


suivies de celles du défunt ministre de l’énergie Youssef Tahiri, trois jours plus tard, sur le site même du forage, qui les a même quantifiées face à la presse, la réponse est oui. En effet, ces déclarations n’ont jamais été démenties, à l’exception cependant d’une information publiée dans un rapport annuel de l’ONAREP, affirmant que la «prospection à Talsint n’a pas été concluante». Les Américains de Skidmore, et leurs associés locaux, n’ont jamais changé d’avis sur la question. Pour eux, il existe une nappe exploitable d’hydrocarbures au lieu-dit Sidi Belkacem (SBK-1).Plusieurs spécialistes estiment aujourd’hui que le sous-sol de Talsint pourrait recéler du pétrole, mais ne s’avancent guère sur une quelconque estimation. Le 20 août 2001, la plateforme de forage de Crosco, (société croate en charge du forage), a été démantelée.

Qu’est-ce qui a poussé le roi à annoncer la découverte du gisement ?

Le roi Mohammed VI a reçu en octobre 1999 à Marrakech et en juillet 2000 à Tanger les promoteurs du projet, dont des membres font partie de son entourage, le prince Moulay Abdallah notamment. Ils lui ont présenté le résultat de leurs études géologiques croisées avec les données détenues par l’administration marocaine et les résultats préliminaires de leur forage à Talsint. C’est sur cette base qu’il en a fait état lors de son discours à la nation le 20 août 2000.


Y a-t-il eu trafic d’influence dans cette affaire ? La monarchie a-t-elle été instrumentalisée dans le but d’enrichir des proches du roi ?

Assurément oui. Pour ce qui est du trafic d’influence, la lettre adressée par le prince Moulay Abdallah à Michael Gustin datée du 17 novembre 1999 en est la preuve formelle. Pour «accompagner» l’installation Skidmore au Maroc, Moulay Abdallah Alaoui, qui dans un premier temps, avait reçu l’accord des Américains pour l’obtention de 8% du capital de la future Lone Star pour Medi Holding , décide de réclamer une quote part plus importante. Cet accord sera formalisé par un " mémo de principe " signé entre les deux parties qui démontre encore une fois ce trafic d’influence contre rémunération qui dépasse allégrement le simple lobbying dont l’article 3 en définit le cadre : " les différentes interventions de Medi Holding autorisent Lone Star à signer avec le gouvernement marocain une convention d’investissement qui lui alloue des exonérations de taxes ". Il sera question de la TVA, des taxes douanières, de l’IS pour dix ans, de la taxe urbaine, de la patente et, cerise sur le gâteau, l’annulation de la double taxation pour la retenue à la source avec la Croatie (pour Crosco). Ce mémo a été signé entre Gustin et Alaoui le 7 mars 2000. Le code des hydrocarbures n’était pas encore promulgué…(voir lettre p. XX)

Que représentent les 13,5 millions de dollars apportés à l’affaire par Dallah Al Baraka ?

Lone Star a été créée en juillet 1999 avec un capital d’un million de dirhams. Dès le début du forage en mai 2000 par la société croate Crosco, les besoins de financement se sont fait sentir. Cheikh Kamel Salah (Dallah Al Baraka) a été sollicité pour participer au projet. Un fonds d’investissement du nom d’Armadillo a été créé pour la circonstance au Liechtenstein. Samaha Holding, filiale de Dallah Al Baraka y aurait injecté 13,5 millions de dollars. Armadillo a ainsi pu racheter 44% de Lone Star. C’est pour cette raison que les Américains de Skidmore parlent d’un «cadeau politique», ayant été dilué dans le tour de table par des investisseurs saoudiens qui, selon eux, auraient eu des raisons politiques de les évincer. Afin de clarifier cet aspect, seul un dévoilement de l’identité de tous les promoteurs d’Armadillo pourra faire taire toutes les rumeurs.

La fameuse «lettre» de Gustin au roi Mohammed VI existe-t-elle ?

Oui et pas une. Michael Gustin et John Paul DeJoria ont écrit entre 2000 et 2003 pas moins de cinq lettres au souverain et envoyé à travers l’ambassade du Maroc à Washington et le Cabinet royal plusieurs missives à Mohammed VI. Leur contenu, globalement similaire avait pour objectif de dénoncer la tournure qu’avait prise l’affaire avec l’arrivée de Dallah Al Baraka et de requérir son arbitrage, conformément «à ce qui avait été initialement convenu lors de leur réunion au palais de Tanger en juillet 2000».




Source: Lejournal-Hebdo




Visiter le site web du posteur
Auteur Message

Message Assahifa 



Montrer les messages depuis:

Répondre
Page 1 sur 1
Modération




Index | Créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation remonter




Cityscapes.ma